Des présidents de sociétés inscrites partagent les préoccupations de Québec Bourse


Il est du domaine public le fait que Québec Bourse soit grandement préoccupé par l’écosystème du financement public et de la situation des sociétés québécoises inscrites en bourse.

Nos préoccupations sont partagées par les hauts dirigeants d’entreprises québécoises inscrites en bourse. Vous trouverez ci-dessous le texte de la lettre ouverte disponible dans l’édition de La Presse du 13 mars 2019. Cette lettre est cosignée par 10 présidents et/ou présidents de conseil de sociétés québécoises inscrites à la Bourse de Toronto. 

La lettre ouverte:

Freinons le déclin du financement public et de l’économie québécoise

Où en serait l’économie québécoise aujourd’hui sans la contribution de grandes entreprises publiques qui rayonnent à l’international? La question mérite d’être soulevée dans le contexte où le financement public et l’inscription en bourse se font de plus en plus rares au Québec. En effet, seulement 200 sociétés sont inscrites sur une bourse canadienne, soit environ 7 % des 2929 inscrites à la cote des bourses canadiennes. Et à cela s’ajoute le fait que depuis 2 ans, Groupe Canam, Lumenpulse, Mines Richmont, Tembec, HNZ, Groupe Imvescor, Groupe Jean-Coutu et NAPEC ont été privatisées alors que seulement deux entreprises du Québec, Marché Goodfood et Groupe Alithya sont devenues publiques sur la TSX.

Ce déclin a des conséquences importantes sur notre économie, notre richesse collective et sur l’écosystème financier. Ajoutons à la perte d’expertise en matière de financement public, qui cause un tort considérable au statut de place financière d’envergure de Montréal, le fait que les privatisations se traduisent très souvent par la perte de sièges sociaux. Le Québec a pourtant tout avantage à créer un environnement où le premier appel public à l’épargne (PAPE) attire les entreprises.

L’allègement du fardeau réglementaire serait déjà un pas dans la bonne direction. Toute l’information continue (rapports financiers annuels et trimestriels, notice annuelle, circulaire de la direction, etc.) et la mise en place des moyens de contrôle interne pour s’assurer de la qualité de l’information véhiculée imposent à la société publique des coûts importants et l’oblige à y consacrer des ressources humaines considérables. Cependant, compte tenu des délais d’un changement législatif de cet ordre, il serait plus efficace à court terme que le gouvernement crée une mesure pour aider les entreprises à couvrir les coûts de conformité. Cette même mesure pourrait également favoriser l’embauche d’analystes financiers au Québec afin de contribuer au maintien de notre expertise.

De plus, il serait opportun d’encourager les Québécoises et Québécois à investir dans nos PME en introduisant un crédit d’impôt pour investisseur. Cela aurait de multiples avantages tels que; de rendre plus compétitif l’investissement dans cette classe d’actifs, de stimuler la demande pour les actions des entreprises québécoises, d’accroître la liquidité de leurs actions sur le marché secondaire et conséquemment favoriser le financement des entreprises.

Par ailleurs, il apparaît essentiel de réviser les programmes d’appui aux entreprises afin qu’aucun ne discrimine les sociétés inscrites en bourse. Enfin, il est important que la révision annoncée du mandat d’Investissement Québec prenne en considération d’appuyer les entreprises inscrites en bourse afin de leur permettre de croître et de prospérer pour le plus grand bénéfice de l’économie québécoise.

Sans contredit, les entreprises publiques québécoises constituent un moteur économique important et contribuent au rayonnement de notre société bien au-delà de nos frontières. Ainsi, nous souhaitons que le gouvernement du Québec tienne compte de l’importance du financement public dans son premier exercice budgétaire afin de donner le coup de barre nécessaire pour renverser le déclin amorcé depuis plusieurs années. Autrement, c’est l’affaiblissement lent, mais certain de notre économie qui se poursuivra.

 

Les signataires

Antoine Amiel, président Groupe Vision New Look Inc.

Louis Audet, président exécutif du conseil d’administration, Cogeco inc.

Marcel Bourassa, président et chef de la direction, Savaria Corporation

Eric Boyko, président et chef de la direction, Groupe Stingray Inc.

Jonathan Ferrari, président du conseil et chef de la direction, Marché Goodfood Corp.

Jim Hamilton, président et chef de la direction, Neptune Solutions Bien-Être inc.

Germain Lamonde, président exécutif du conseil d’administration, EXFO inc.

Michel Léonard, président et chef de la direction, Fonds de placement immobilier BTB

Paul Raymond, président et chef de la direction, Groupe Alithya inc.

Arjang Roshan, président et chef de la direction, 5N Plus inc.

Pierre Boucher, associé, vice-président directeur, MaisonBrison Communications

Louis Doyle, directeur général, Québec Bourse inc.